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Hellboy (2019)

Hellboy affronte Nimue, épouse de Merlin et Reine de Sang. Leur lutte amorcera la fin du monde, un sort que le héros devra éviter à tout prix.
Date de sortie : 2019-04-10
Genres : Action, Aventure, Fantastique
Durée : 121 Minutes
Par : Campbell Grobman Films, Lionsgate, Dark Horse Entertainment, Millennium Films
Acteurs: David Harbour, Milla Jovovich, Ian McShane, Daniel Dae Kim, Sasha Lane, Penelope Mitchell, Brian Gleeson, Sophie Okonedo, Alistair Petrie, Thomas Haden Church

 

 


 

 

Bande d’annonce :Hellboy

 

Hellboy: Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu?

Difficile de quantifier avec certitude les attentes du public autour de la relation (annoncée) du personnage d’Hellboy au cinéma. Depuis 2004, le monde des adaptations a bien changé. Une force de s’engager dans l’affaire des comédies, des héros de bandes dessinées s’achève du compartiment entre le public et les nostalgiques des films d’auteurs exigeants, et ceux qui sont prêts à accepter le cahier des charges grossières sans s’interroger sur le mieux éventuel. En cette année, il fête son vingt-cinquième anniversaire, Hellboy semble débarquer dans l’idée de tout dire.

Mélangeant l’amour de son auteur pour les écrivains d’horreur gothique, les folklores de l’ancienne Europe, les revues de fantastique et de science-fiction où il y avait des écrits de son idole, Howard Phillips Lovecraft, Mignola proposera dès 1994, avec son diable aux cornes limées, une contre-imagerie au ton de la bande-dessinée américaine. Contrastées, sombres, grinçantes, les oeuvres de l’univers Hellboy sont dans l’histoire et imaginaires sans fin leur qualité poétique, leurs atours de petites histoires macabres portées par une esthétique unique en son genre.

A sa façon, le cinéma aura répondu à cet héritage en optant pour un metteur en scène pétri des mêmes sensibilités. Sans embrasser toute la beauté des œuvres de Mignola, Guillermo Del Toro adapter pour bien les aventures des personnages, dans une trilogie amputée de son dernier volet, pour le permettre à Hellboy de survivre à la vague des séries n ° de l’association (hasardeuse) entre comics et cinéma de petite ambition. S’il y avait bel et bien un lieu pour plus fidèle, pour plus Mignola ou pour plus réussi, Hollywood a été souvent choisi de déformer son public avec la proposition de Neil Marshall et le studio Lionsgate. Parti d’un discours d’intention louable, le projet Hellboy empile toute une batterie d’erreurs, des défauts ou des moments réels de gêne, qui trahiraient presque l’envie d’une parodie méta par trop nombreux moments de premier degré.

Hellboy est d’abord un héritier indirect du style Marvel Studios. Avec les temps et les projets, les marchands de la culture importés, dans le répertoire des adaptations de bandes dessinées, de jouer sur la corde de la générosité. Les renvois aux fans sont ici nombreux. Mais il y a trop de temps, il n’y a pas de quoi que ce soit, le métrage étouffé sous un rythme infernal, certaines séquences empilant rebondissement sur une cadence frénétique, sans jamais laisser au spectateur le temps de respirer ou de le digérer l ‘ amas d’informations déployées à l’écran. Peu à peu, il se désintéresse d’une œuvre qui finit par avancer seule, en vase clos, sur une durée qui paraît immense, paradoxalement à ce que le montage est traduit du produit fini.

Dès l’entrée, en effet, sur la remarque des séquences hachées, trop brèves. Avec parfois des répétitions ou des enchaînements abrégés, saccadés, et à ce point comprimés que nous réalisons du côté du réalisateur en tant que studio d’envie d’en donner autant que possible. Comme une ration opulente dans une trop petite assiette, le film déborde. De personnages, de monstres, de rebondissements, de dialogues fonctionnels contre un ensemble follement prévisible, d’un énorme bordel qui serait fascinant à décanter tant ils se sont passé.

La caméra fixe parfois sur des éléments sans importance, où l’on envoie une envie de guider le spectateur vers un élément précis, sans que ce soit une réponse soit définitive au final. Le personnage d’Alice Monaghan souffre de cette érosion de logique, il sera certainement survenu en cours de route: Hellboy, on n’apprendra rien sur ce qu’il est en dehors de son piètre introduction, sans jamais interroger son rôle , ses motivations ou son intérêt à suivre le grand gaillard dans sa lutte contre le mal. A l’inverse, Ben Daimio a droit à son petit arc scénaristique rien que lui, où vous avez un peu de place entre deux empathades dans le sachet de gourmandises achetées pour la séance.

D’autres éléments sont glissés pour donner au fanservice, presque obligatoire, qui est aujourd’hui imposé aux adaptations de bandes dessinées. Un autre personnage du monde de Mignola fait deux brèves apparitions, déroutantes, stupides, et balancées avec un tel dédain que le spectateur profane ou aime les petits jeux de pistes n’ira probablement pas chercher sur internet ou joue le rôle du héros en question – au passage, Thomas Haden n’a rien perdu de sa prestation en Sandman dans Spider-Man 3. Une séquence d’Hellboy au Mexique de Mignola et Corben est aussi présente, dans les premiers niveaux du film, pour marquer un peu plus le comparatif hasardeux entre le produit original et son pendentif cinéma, de même que la mise en scène, souvent pénible et sans envie, le manque de moyens de certaines scènes tournées à pas cher dans les décors engoncés.

Pas forcément toujours filmé cependant, le métrage soufflé de cet enchevêtrement de plans trop brèves pour capter l’attention ou profiter des quelques moments d’intérêt. Jamais joué dans le contexte ou dans l’ambiance, il y avait une scène de scène d’action avec un esprit ludique très adolescent, qui aime sa bande aux guitares saturées, sans doute héritée du principe qui veut que This is a Dave Grohl in Tenacious D. Le montage ou les placements musicaux annihilent a fait rire mais que le metteur en scène n’était pas convaincu. Les effets de caméra ou de rythme semblent très mal aux dialogues comiques, ce qui en fait un effet de désacraliser Hellboy, se faisant passer d’un couillon incapable de rester sérieux dans les situations qui nécessitaient un peu de tenue.

L’écriture du personnage est un autre héritage de l’école Marvel Studios. Dans un portrait très habituel du courrier électronique à la Star-Lord, incapable de se sentir touché par le destin du monde, et qui n’attend que la validation du père qui a toujours été manqué pour passer dans l’âge adulte. David Harbour livre une prestation étonnamment habitée – l’acteur est ce qu’il est censé faire du scénariste, il a été rejeté par Anung Un Rama, presque trop bien. This is done to self-not the foudres of public for a exactement ce que nous attendions de lui – c’est de bonne guerre, personne n’est obligé d’apposer sa signature en bas du contrat.

Ian McShane est le seul autre acteur de la liste des performances monotones d’une distribution qui manque de temps ou de lieu pour s’exprimer. Impitoyable en Trevor Bruttenholm abusif, l’acteur a retrouvé un peu de son statut d’autorité de père caractère à l’Odin d’American Gods, mais il doit aussi être compositeur avec une écriture problématique. Au moment où Hellboy lui reproche par exemple a été un père maladroit, la réponse du prof ‘est sans appel, fils incitant adoptif à faire faire un père de balloches au lieu de geindre – parce que c’est pas avec ces les gamineries qu’on va sauver le monde avant le cognac du soir, nom de dieu.

L’exercice du redémarrage oblige, les comparaisons se font naturellement avec la lecture qu’avait faite Guillermo Del Toro de ces deux personnages, un John Hurt en mentor inquiet et un Hellboy finalement ou différent de la peau maquillée de Ron Perlman. The décalque is accablant, from the moment où le premier film de 2004 était déjà un héros qui se sentait réclus, différent, et déjà très bougon et porté sur les plaisirs de l’adolescence dignité qui manquent cruellement à cette nouvelle version. Comme si le nouveau film n’avait pas été modifié auparavant, en exagérant l’éloignement de l’époque avec le style des BDs. De la même façon que la Raspoutine de Karel Roden avait l’attrait gothique d’un Dracula pontife, Milla Jovovich a indiqué le strict minimum et n’était jamais marquante, dérangeante ou intéressante à développer.

D’une autre école d’adaptations, Hellboy hérite d’un certain goût pour la violence graphique, en ne cassant pas sa structure de divertissement défouloir. Si le goût du chant, de l’extrême, peut devenir absurde ou drôle dans les séries comme Kingsman ou Deadpool, le film reste ici à un degré assez basique de la série Riche en hémoglobine où il fait bon de se cacher l’image, le manque d’enjeu ou le manque de rythme. Une longue scène en plan séquence sur fond vert, pas désagréable au regard du reste du film, s’en sert pour faire oublier ses incrustations brouillonnes, tandis que d’autres plus tardives vont en abuser pour donner un peu à manger au spectateur fan des fameux “troisièmes actes” et des grosses images en synthèse devenues un gimmick connu du cinéma de super-héros.

Hercules with Dwayne Johnson, as the subject of the picture, of the douze workings of Héraclès ont été créés pour nourrir la bande-annonce sans être utiles à l’intrigue en elle-même, les tirages du film n ‘ ont pour la plupart aucune utilité scénique. Le Hellboy à dos de dragon, les énormes créatures qui dévastent Londres dans les nombreuses images de promo, ne sont pas destinés à être regardés ou à donner peu de crédit à un film qui n’a pas été déterminé par ses ambitions. Tous les joueurs ont beau jouer généreusement, ils ont souvent été utilisés dans des scènes trop longues ou sans logique, mais ils ont tourné au mieux. .

Dans le même sujet de la générosité, il est à noter que le film a deux scènes post-génériques et espère manifestement Proposez une suite à cette première aventure. Ce serait pourtant très étonnant que ce soit ce que le personnage trouve dans le public, ce qui prouve son identité. This is it it it was it the adaptation of comics.

Vous remarquerez au passage que ce papier s’éternise, à l’image de l’oeuvre qu’il entend décortiquer. La raison à cela est simple: il y a énormément de choses à dire sur le redémarrage de Hellboy échoué à réaliser, en tant qu’adaptation, en tant qu’objet filmique et même en tant que série B réussie. En empilant les défauts techniques aux problèmes d’écriture, un montage catastrophique et des intentions douteuses, le film délicatement la frontière entre une œuvre concrètement et un réel plaisir plaisir coupable, une série Z dont le niveau d’échec est tel qu’elle en devient agréable à regarder. Le fameux statut si mauvais que c’est bon, au point que l’on demande si l’on n’est pas justement coller sur cette niche de spectateur amoureux de grands plaisirs délirants.

Ce qui ne serait pas étonnant, attendu que nous retrouvions le nom d’Avi Lerner, président de Millenium Films et pourvoyeur de la saga Expendables qui joue justement sur cette corde sensible, entre nanard volontaire et hommage intelligent au cinéma de genre. Plusieurs fois, on a envie de croire que tout ça est une parodie de surprise, pour la fana ‘de Grindhouse, que personne ne s’est déjà fait approuver et qu’un simple fan de Scary Movie se cache derrière le pseudonyme du scénariste Andrew Cosby , quitte à revoir le film dans la foulée pour comprendre et savourer de faire ainsi.

Problème, Hellboy ne vole ni si haut, ni si bas. Avec maladresse, le projet décalé, simplement avec les recettes qui ont fonctionné dans les productions de Disney ou Warner Bros., avec une équipe salariée qui a tenté de coller à la sincérité et qui a réussi pour d’autres. Sans réussir à faire rire de son propre chef, le film devient involontairement drôle en tant que chargé des erreurs à faire avec les adaptations, comme essayer à tout prix pour coller à un modèle, invoquer des valeurs de productions de blockbuster sans avoir les moyens de l’assumer, ou confondre fanservice et nommer hasardeux, de quelqu’un qui aurait vaguement feuilleté et BD avant de la chaîne d’assemblage synthétique. Même la durée – de deux heures, tout pile – passerait pour une exigence de produit, au vu de tout ce que le montage a essayé de faire rentrer dans un espace aussi petit.

On a envie de dire que le constat est alarmant, à une époque où Warner a choisi de marcher dans les pas de Marvel Studios, que rien ne s’éloigne du diktat de la blague ou du simple divertissement bon marché, quitte à entraîner les quelques qualités sincères de certaines adaptations, telles que le bestiaire ou de bons comédiens. Mais, quand on accepte les contrats avec les films franchisés, soit pour la richesse des visuels, soit pour les envies de grande taille, soit pour les retranscrits, soit sur Hellboy, le droit de n’être qu’un Deadpool de contrefaçon.

En particulier après l’abandon du troisième film de Guillermo Del Toro, ou entre l’héritage des deux premiers et la particularité de la précision de la bande dessinée dont ce film tire quelques succès. Un défaut d’être un produit fade des grands studios d’Hollywood et leur manque d’ambition, Hellboy est un échec, un sous-produit du cinéma de genre qui ne comprend pas son héros et voit ses spectateurs ‘de gore, de blagues et de clins d’oeils de tonton pas subtils. Triste présent.

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